Dans quel cadre communiquer !

N° 328 - Mai-Juin 2013

Il existe, bien sûr, des échanges informels où la parole s’exprime en liberté, rien que pour le plaisir du dialogue et des idées formulées. Mais, d’une manière générale, l’organisation de la vie en commun nécessite l’établissement de règles et de lois claires, assumées par tous, et qui donnent le « mode d’emploi » du lieu et du moment. Ces règles doivent être discutées et adaptées chaque fois que nécessaire pour protéger au mieux la place et le rôle de chaque personne (y compris dans le groupe) et lui garantir le respect et l’expression auxquels elle a droit.


Le cadre n’existe pas spontanément ; il doit être non seulement créé mais garanti par l’individu et le groupe. La plupart des tensions et des violences naissent dans des zones de flou, là où précisément il est absent ou défaillant. Pour sortir de cette situation, il faudra élaborer des propositions qui améliorent la vie de la collectivité. L’aide d’un intervenant extérieur pourra être nécessaire. Une gestion maîtrisée du conflit, sans violence mais avec fermeté et respect, permettra ainsi de parvenir à une situation porteuse de plus de justice et de liberté.

 



Editeur : Non-Violence Actualité
Année d'édition : mai-juin 2013
Nombre de pages : 28
Code NVA : 0401-328
Prix : €6.00
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Editorial

Dans quel cadre communiquer ?

Communiquer est un processus complexe qui prend en compte tout ce qui se passe lorsque des individus entrent en interaction. Interviennent aussi bien des éléments cognitifs, affectifs que des phénomènes inconscients. En toute situation – dans une discussion entre amis, lors d’un échange entre parent et enfant, dans une intervention de formation… –, la communication s’inscrit dans un cadre relationnel plus ou moins organisé, plus ou moins prégnant. Ce cadre définit les codes spécifiques qui régissent l’espace de la relation et donc la nature et la forme des interactions qui vont s’y dérouler.

Il existe, bien sûr, des échanges informels où la parole s’exprime en liberté, rien que pour le plaisir du dialogue et des idées formulées. Mais, d’une manière générale, l’organisation de la vie en commun nécessite l’établissement de règles et de lois claires, assumées par tous, et qui donnent le « mode d’emploi » du lieu et du moment. Ces règles doivent être discutées et adaptées chaque fois que nécessaire pour protéger au mieux la place et le rôle de chaque personne (y compris dans le groupe) et lui garantir le respect et l’expression auxquels elle a droit.

Le cadre n’existe pas spontanément ; il doit être non seulement créé mais garanti par l’individu et le groupe. La plupart des tensions et des violences naissent dans des zones de flou, là où précisément il est absent ou défaillant. Pour sortir de cette situation, il faudra élaborer des propositions qui améliorent la vie de la collectivité. L’aide d’un intervenant extérieur pourra être nécessaire. Une gestion maîtrisée du conflit, sans violence mais avec fermeté et respect, permettra ainsi de parvenir à une situation porteuse de plus de justice et de liberté.

On le voit, la communication relationnelle ne doit pas être confondue avec la gentillesse, comme l’a bien souligné Thomas d’Ansembourg, auteur de notre chronique en quatrième de couverture. Elle est faite de vérité et de fermeté, et passe par l’expression des ressentis, par l’affirmation des besoins nécessaires à l’épanouissement de chacun. C’est au psychologue américain Marshall Rosenberg, à la suite des travaux de Carl Rogers, que l’on doit d’avoir montré que communiquer de façon constructive et sans violence relève d’un processus qu’il est possible d’apprendre à tout âge.

Le double travail sur le cadre de la relation et sur la façon de communiquer constitue un outil puissant de prévention de la violence, au service de la vie démocratique.

Extrait

Entretien avec François LHOPITEAU

Accompagnement d’équipes

Une communication bienveillante dans un cadre structurant

François LHOPITEAU, directeur de l’Institut de Formation du Mouvement pour une Alternative Non-violente du Nord-Ouest (IFMAN Nord-Ouest), organisme de formation à la régulation non-violente des conflits

NVA - Dans vos interventions de formation, vous travaillez à partir des situations réelles rencontrées par les participants et les structures qui font appel à vous. Les problèmes de communication défaillante sont-ils fréquemment à la source de ces difficultés ?

François LHOPITEAU - Les difficultés qui font que nous sommes appelés sont d’abord liées à la transgression des règles et des lois, qu’il s’agisse de passages à l’acte transgressifs manifestes, ou qu’il s’agisse de dysfonctionnements plus subtils mais bien réels. C’est d’abord cela qui conduit des institutions, des structures éducatives et sociales, à nous solliciter. Bien souvent, c’est vrai, on se plaint d’une mauvaise communication, mais l’enjeu n’est pas tant les mots prononcés que les actes qui ne respectent pas le cadre donné.

NVA - Encore faut-il que ce cadre soit clair pour tous…

F.L. - Dans le travail éducatif, social, comme dans tout métier, il faut au départ donner un cadre, fixer les règles. Et ensuite - on le sait bien quand on éduque des enfants – il faut redire les règles, re-redire les règles…, c’est le quotidien des parents et des éducateurs. Mais c’est aussi vrai avec des adultes. Je le constate dans ma vie professionnelle. Même si nous avons posé des règles collectivement, il faut néanmoins un garant qui les rappelle quand c’est nécessaire. Car chacun les entend avec son propre filtre et les respecte à travers sa propre manière d’être.

NVA - Imaginons qu’une structure fasse appel à vous pour des problèmes de communication dans son équipe. Selon quel protocole intervenez-vous pour poser un diagnostic et élaborer des solutions ?

F.L. - Nous intervenons toujours autour de trois points essentiels et complémentaires : le cadre relationnel, le ressenti émotionnel et les fonctionnements collectifs. S’interroger sur une relation difficile c’est d’abord regarder quel est le cadre dans lequel se manifestent ces difficultés de communication, quelle règle est ou n’est pas respectée. Ensuite, il s’agit de savoir ce que vit chacun dans ce moment émotionnel difficile. Enfin, entre le cadre et les ressentis, quels sont les fonctionnements collectifs à ajuster, renforcer, confirmer. C’est toujours ce triptyque qui constitue notre manière d’intervenir.

- …

La suite à lire dans NVA 328

Sommaire

 Dans quel cadre communiquer ? Édito

 Accompagnement d’équipes : Une communication bienveillante dans un cadre structurant, Entretien avec François LHOPITEAU, directeur de l’IFMAN Nord-Ouest, organisme de formation à la régulation non-violente des conflits.

 Un cadre de références : l’importance de la « loi symbolique », par Edith TARTAR GODDET, psychologue clinicienne, psychosociologue et formatrice au sein de l’association Temps de Rencontre, temps de Paroles

Les enjeux de la communication, par Marie-Christine LOISEAU, psychopraticienne, formatrice pour l’association Génération Médiateurs

Un cadre pour l’ÉDUCATION - Mieux communiquer au lycée, par Christiane TERRIER, professeure au lycée Edmond Michelet à Arpajon (91) où elle a initié un projet « d’éducation à la non-violence et à la paix »

Un cadre pour l’ANIMATION - Respecter mes besoins et ceux des autres, par Brigitte CASSETTE, directrice du centre de formation ASPRE, spécialisé dans l’accompagnement des personnes en recherche éducative.

Un cadre pour la FORMATION - Former en entreprise, par Carole MICHIELS, consultante, formatrice et psychologue du travail.

Un cadre pour l’INTERVENTION - Reconnaître et dépasser les obstacles à la communication, par Charles ROJZMAN et Igor ROTHENBÜHLER, formateurs en Thérapie Sociale.

Ressources : Un groupe de parole pour femmes victimes, par Susan CLOT, psychologue clinicienne qui exerce dans une association d’aide aux victimes en banlieue parisienne.

Ressources : Le cercle de parole pour prévenir la violence, par Aurélie ENJALBERT, formatrice-animatrice à ProDAS-Motivation.

Ressources : Communiquer sereinement en situation difficile, par Marc THOMAS, consultant formateur en Compétences relationnelles.

La chronique de Thomas D’ANSEMBOURG, Communication NonViolente 4ème volet - Auteur notamment de « Cessez d’être gentil, soyez vrai », livre diffusé à plus de 500 000 exemplaires.

Ressources

 

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