Vous êtes ici : accueil > inform'actif > fiches > L'acquisition de compétences
psychosocio-affectives

Accueil Plan du site contact F.A.Q rechercher dans le site accés membre

 

L'acquisition de compétences
psychosocio-affectives dès la maternelle

 

 

Depuis 1997, l'association Interface Santé 83, créée à l'initiative de l'Inspection Académique du Var, en liaison avec le service médico-social, qui a pour mission l'éducation à la santé de la maternelle au lycée, propose un programme destiné à aider les enfants à acquérir des compétences relationnelles et psychologiques.

Le projet a été initié dans le département du Var avec des enfants du cycle III de l'école primaire. Il a été ensuite élargi, avec beaucoup de succès, au cycle II (1). L'objectif de ce programme intitulé «  Demain en main » (2) est d'aider les enfants à comprendre et gérer leur vie émotionnelle et relationnelle. Nous sommes partis du principe que, ce n'est qu'armés de compétences psycho-sociales que l'enfant peut jouir du bien-être psychologique qui lui permettra de réussir sa scolarité et sa vie future. Afin d'assurer une égalité des chances, il est nécessaire que l'école joue un rôle prépondérant dans l'acquisition de ces compétences.

Nécessaire apprentissage

L'acquisition de compétences psychosocio-affectives devrait débuter au sein de la famille, avant la scolarisation. Dans la plupart des cas, elle se fait implicitement à l'école maternelle à travers des activités de socialisation. À l'école primaire, elle se met en place de façon transversale dans de nombreuses matières. Il y a des enfants qui sont naturellement doués dans le domaine, comme d'autres le sont pour les maths ou la musique. Tout le monde peut améliorer ses aptitudes par l'apprentissage et la pratique. Il appartient donc à l'école d'offrir à tous les enfants la possibilité de s'éduquer dans cette « discipline », car ces compétences sont nécessaires à une bonne santé psychique.

En dehors des pathologies avérées qui nécessitent une intervention de soins, certains symptômes de mal-être (violence, mutisme, échec scolaire, insomnies, anorexie, angoisse, phobies) sont liés au désarroi de l'enfant face à des sentiments qu'il ne comprend pas et qui provoquent chez lui des comportements et des attitudes qu'il ne sait pas gérer. Se connaître, jouir d'une estime de soi, savoir communiquer, permet à l'enfant de ne pas avoir recours à des symptômes pour s'exprimer (3). La parole remplace le symptôme et l'apprentissage du langage prend toute son importance.

Un programme spécifique.

Le désir d'introduire cet apprentissage au sein de l'Éducation Nationale fut très contesté au début des années 90. Nous avons rencontré beaucoup de résistance à tous les niveaux. Les problèmes de drogue, de violence et surtout de maltraitance et d'abus sexuels ont obligé tous les acteurs de la communauté éducative à chercher une solution. Actuellement de nombreuses associations proposent des livres ou des programmes allant dans ce sens, aussi bien sur le plan théorique que pratique (voir le n° 282 de Non-Violence Actualité).

Notre programme a plusieurs spécificités. L'association Interface, initiatrice et responsable du projet, travaille en étroite collaboration avec l'Éducation Nationale. Plusieurs médecins scolaires sont détachés à temps partiel à l'association afin d'assurer son fonctionnement. Le programme a été créé en collaboration avec des enseignants qui ont fourni leurs suggestions et validé nos hypothèses. Les parents des enfants concernés ont été invités à des réunions d'information et de suivi. Les enseignants désireux de participer au programme reçoivent une formation faite par Interface Santé 83 (4). Cette formation inclut un volet théorique axé autour des notions de psychologie (plutôt systémique, humaniste, comportementale, l'intelligence émotionnelle). Des intervenants (pour le cycle II actuellement) proposent des animations à raison de 4 séances annuelles et soutiennent les enseignants entre les animations afin qu'ils puissent continuer l'action seuls.


La marionnette « Niam »

L'élément clé de l'accompagnement du programme, en ce qui concerne le cycle II, est une grande marionnette en peluche qui permet de matérialiser la philosophie du programme. Des animatrices, employées par l'association, apportent la marionnette et son théâtre dans les classes participantes, quatre fois par an. L'animatrice est cachée derrière un rideau au sein du petit théâtre. L'enseignant sert d'intermédiaire entre les enfants et la marionnette, et veille au bon déroulement de la séance. C'est la marionnette « Niam » qui capte toute l'attention des enfants, qui parle des émotions, qui introduit les mimes et les petits jeux de simulation, et qui fait passer tous les messages. Elle devient très vite une mascotte à laquelle les enfants s'attachent fortement.

Des bilans, pour le moment qualitatifs plutôt que quantitatifs, sont faits à la fin de chaque année scolaire. Au total, le programme du cycle II a touché 9 566 élèves dans 305 classes depuis la rentrée scolaire 2001-2002. Les enseignants en ont été satisfaits. Si les petits sont sensibles à la marionnette, les plus grands aiment surtout les jeux de simulation et les pièces de théâtre. Outre les bénéfices au niveau de chaque enfant, les enseignants se félicitent d'une ambiance plus sereine et d'un civisme accru. Les parents sont globalement contents de voir que l'école aborde les compétences psychosociales.

Le programme « Demain en main » fonctionne  dans  un contexte favorable, il témoigne de ce que l'on peut faire dans le domaine de la promotion des compétences psychosocio-affectives lorsque tous les acteurs de l'éducation sont persuadés que le "savoir-être" est une discipline aussi importante que les maths ou la grammaire.

Susan Clot

Susan Clot est l'auteure du programme « Demain en main ® ». Psychologue clinicienne, elle a participé à des recherches sur la santé en milieu scolaire avec une équipe de l'INSERM.

(1) Cycle II : grande section de maternelle et CP-CE1 ; Cycle III : CE2-CM1-CM2.
retour au texte

(2) Le programme « Demain en main ® » et la marionnette Niam dont il est question plus loin dans le texte sont des productions de l'association Interface Santé 83, 164 bd de Tessé, 83000 Toulon. Tél. 04 94 92 92 73. E-mail : sante.83@wanadoo.fr
retour au texte

(3) Le cycle II privilégie les compétences suivantes :
- Se connaître en tant qu'individu et en tant que membre de la société. Cela suppose que l'enfant commence à connaître non seulement le fonctionnement de son corps et de ses sens, mais qu'il puisse élaborer des représentations et qu'il sache reconnaître et nommer ses sentiments, et contrôler ses émotions.
- Savoir communiquer. Ceci suppose que l'enfant puisse s'approprier le langage verbal et non-verbal et l'utiliser efficacement, afin d'entretenir des relations, faire part de ses idées, de ses préférences et de ses sentiments, tout en respectant les règles de la vie en groupe : coopérer, savoir jouer, partager, attendre son tour, suivre des consignes, respecter autrui, être poli et tolérant.
Le cycle III est basé principalement sur les jeux de simulation et la photo-expression. Il s'agit de comprendre les émotions et les sentiments, les attitudes et les comportements, soi-même et les autres.
retour au texte

(4) Grâce au soutien financier de l'Etat, du Conseil Général du Var, du Conseil Régional Provence Alpes Côte d'Azur, de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie du Var, de la Mutualité Française du Var, des communes et des contrats de ville, le programme, les documents, les animations et la formation des enseignants sont entièrement gratuits dans le département du Var.
retour au texte


© Non-Violence Actualité
Extrait du n°284 de la revue Non-violence Actualité
 

Liste des fiches pédagogiques
Envoyer la page
Envoyer cette page
Nous faire part d'une expérience
Version imprimable
imprimer cette page
   
Haut de page haut de page