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L'apprentissage coopératif

 
 
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N° 257, juillet - août 2001 : épuisé

 

Vous connaissez ces situations où l'on se sent à la fois révolté par la scène qui se déroule sous nos yeux et incapable de faire le moindre geste pour intervenir. Peur, sentiment d impuissance, risques réels nous font "baisser les bras". La conscience d une certaine lâcheté développe en nous malaise et insatisfaction. Mais, comment faire autrement ? Comment ne plus avoir peur de rappeler le règlement à une personne qui n en tient pas compte ? Comment ne plus hésiter à faire savoir que vous êtes dérangé par le bruit de votre voisin, par son téléphone portable ou par d autres comportements ?

Ces interrogations ne sont pas, bien sûr, réservées au particulier. Les représentants d'institutions y sont également confrontés, qu'ils soient policiers, enseignants, contrôleurs, etc.

Lutter contre les incivilités et les actes de violence est autant l'affaire des citoyens que celle des institutions. Il se développe dans plusieurs villes des "ateliers de sécurité" réunissant élus, professionnels et habitants dont la mission est d instaurer le débat en matière de sécurité et de créer des réponses collectives pour réassurer les habitants mais aussi les élus et les professionnels. Des communes osent l'expérimentation sociale en faisant appel aux citoyens et à la démocratie participative.

Comme le souligne le chercheur Sébastian Roché, il y a besoin de gens pour rappeler la loi car "les règles sociales ne se défendent pas toutes seules". La question du "garant des lieux" est donc fondamentale : sur un territoire de proximité, chacun doit se sentir responsable du respect d'un certain nombre de règles d'usage, non discriminatoires, communes à tous les usagers qui partagent cet espace.

Sans prendre de risques démesurés, il doit être possible d intervenir - sans agresser - pour rappeler la loi, inciter au respect ou souligner l'injustice. Pour désigner cette attitude à la fois volontaire et maîtrisée, Hervé Ott utilise l expression de "courage civil" qui renvoie à une implication personnelle déterminée, sans ostentation mais sans faiblesse. Cette notion de courage, qui fait davantage référence à un comportement individuel, doit également être comprise dans son approche collective - associative et institutionnelle. Cela demande un savoir-faire qui ne s'improvise pas. L'enjeu est de recréer un sentiment de présence sociale permanente pour : lutter contre le sentiment d insécurité, prévenir l'évolution des enfants vers la délinquance et garantir l'espace du nécessaire débat public.

© Non-Violence Actualité
 
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