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Agir autrement dans la cité ********************** |
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Editorial L'education, la police, la justice, le social, le politique... sont en crise. Les principales institutions ne répondent plus aux problèmes de la société d'aujourd'hui. Les interventions de l'Etat restent marquées par la verticalité, la sectorisation, l'assistance et le morcellement des responsabilités. En distribuant des fractions de compétences, la décentralisation n'a pas inversé la tendance. D'une manière,générale, chacun des dispositifs mis en place vise une "clientèle" spécifique. On prend en compte les besoins et les manques des individus, mais pas leurs potentiels individuels et collectifs. On empile les mesures d'assistance et les procédures d'urgence, sans consultation ni implication des intéressés, sans faire appel à leurs capacités d'innovations et à leurs compétences, sans s'appuyer sur les réseaux de solidarité et sur l'environnement social et culturel. Pourtant, comme nous le verrons encore dans ce numéro et celui de l'été , les énergies créatrices existent. Les innovations se développent. Les initiatives se multiplient Mais elles se heurtent à une tradition d'encadrement et de contrôle. Il en résulte chez le citoyen une certaine incapacité à agir pour changer la societé et ses institutions. On rejette sur le voisin la responsabilité des blocages et de ce sentiment d'impuissance naît la violence. Les personnels des services publics en souffrent, les habitants des quartiers en souffrent. Pour changer les institutions vers davantage de démocratie locale - participative, et pas seulement élective -, pour mieux vivre ensemble dans la cité, il faut d'abord que chacun accepte sa part de responsabilité, le citoyen de base comme le représentant des services publics. Le conflit étant identifié, pleinement assumé, il devient dès lors possible d'envisager une élaboration collective de solutions, y compris, s'il le faut, par des rapports de forces et des luttes non-violentes. Savoir co-opérer, "agir ensemble", c'est savoir gérer les confrontations et les rapports de forces, aussi bien dans l'espace individuel que dans le champ collectif. La formation à la gestion constructive des conflits se révèle aujourd'hui l'un des besoins et des outils fondamentaux de la démocratie. C'est un impératif à tous les niveaux de la société, citoyens et institutionnels. C'est l'une des recommandations proposée par l'ONU dans le cadre de la Décennie 2001-2010 pour une culture de la paix et de la non-violence. C'est aussi l'une des orientations adoptées par les mouvements sociaux du monde réunis à Porto Alegre, le 5 fevrier 2002: "Contre l'escalade systématique de la violence, nous privilégions le dialogue, la négociation et la résolution non violente des conflits".
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