Parce qu'ils flattent les appétits voyeuristes
- essentiellement masculins -, le sexe et la violence sont des fonds
de commerce parmi les plus lucratifs. Tout est bon pour attirer le
client. L'image est devenue une marchandise dont le commerce peut
rapporter gros au point de provoquer une surenchère dans le
sordide, la violence et la perversité. Le problème majeur
est que ces produits sont de plus en plus accessibles dans les médias
et les supermarchés, y compris aux populations les plus jeunes
et les plus vulnérables. Le spectateur - a fortiori si c'est
un enfant - saura-t-il faire la distinction entre le monde des images
qu'il voit et le monde réel dans lequel il vit ?
Il existe des milliers d'études scientifiques
qui montrent qu'il y a un lien manifeste entre la consommation d'images
violentes et les comportements agressifs. Les représentations
médiatiques ont un effet indiscutable sur chacun de nous, sur
les adultes et plus encore sur les enfants et les jeunes. L'exposition
aux images violentes et pornographiques peut avoir des conséquences
désastreuses sur le développement de la personnalité.
Face à cette "maltraitance audiovisuelle",
il convient d'affirmer en premier lieu la responsabilité de
l'industrie des médias qui, comme toutes les industries, montre
peu d'empressement à se remettre en cause. "Peut-on accepter
des arguments qui ressemblent finalement à celui de la National
Riffle Association (NRA) aux Etats-Unis qui dit que ce ne sont pas
les armes qui tuent mais les gens qui pressent la détente ?
" (Sébastian Roché, article paru dans Le Monde
du 19/12/02)
Face à cette irresponsabilité, les pouvoirs
publics doivent intervenir pour faire respecter les droits des personnes,
la protection de l'enfance et les contraintes éducatives, par
une réglementation des divers supports : cinéma, vidéo,
télévision, jeux vidéo, presse, radio, internet...
Il est également utile de sensibiliser les parents aux effets
nocifs de certaines images et de les encourager à se préoccuper
de ce que regardent leurs enfants, à en parler avec eux. De
plus, toutes les initiatives qui visent à apprendre aux enfants
à décrypter les images vont dans le bon sens. Mais la
situation ne pourra évoluer de façon significative sans
une réaction forte de l'opinion publique et particulièrement
du monde éducatif et des milieux de santé publique.