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L'impact des images violentes

 
 
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N° 267, mars - avril 2003 : 5 euros

 

Parce qu'ils flattent les appétits voyeuristes - essentiellement masculins -, le sexe et la violence sont des fonds de commerce parmi les plus lucratifs. Tout est bon pour attirer le client. L'image est devenue une marchandise dont le commerce peut rapporter gros au point de provoquer une surenchère dans le sordide, la violence et la perversité. Le problème majeur est que ces produits sont de plus en plus accessibles dans les médias et les supermarchés, y compris aux populations les plus jeunes et les plus vulnérables. Le spectateur - a fortiori si c'est un enfant - saura-t-il faire la distinction entre le monde des images qu'il voit et le monde réel dans lequel il vit ?

Il existe des milliers d'études scientifiques qui montrent qu'il y a un lien manifeste entre la consommation d'images violentes et les comportements agressifs. Les représentations médiatiques ont un effet indiscutable sur chacun de nous, sur les adultes et plus encore sur les enfants et les jeunes. L'exposition aux images violentes et pornographiques peut avoir des conséquences désastreuses sur le développement de la personnalité.

Face à cette "maltraitance audiovisuelle", il convient d'affirmer en premier lieu la responsabilité de l'industrie des médias qui, comme toutes les industries, montre peu d'empressement à se remettre en cause. "Peut-on accepter des arguments qui ressemblent finalement à celui de la National Riffle Association (NRA) aux Etats-Unis qui dit que ce ne sont pas les armes qui tuent mais les gens qui pressent la détente ? " (Sébastian Roché, article paru dans Le Monde du 19/12/02)

Face à cette irresponsabilité, les pouvoirs publics doivent intervenir pour faire respecter les droits des personnes, la protection de l'enfance et les contraintes éducatives, par une réglementation des divers supports : cinéma, vidéo, télévision, jeux vidéo, presse, radio, internet... Il est également utile de sensibiliser les parents aux effets nocifs de certaines images et de les encourager à se préoccuper de ce que regardent leurs enfants, à en parler avec eux. De plus, toutes les initiatives qui visent à apprendre aux enfants à décrypter les images vont dans le bon sens. Mais la situation ne pourra évoluer de façon significative sans une réaction forte de l'opinion publique et particulièrement du monde éducatif et des milieux de santé publique.

© Non-Violence Actualité
 
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