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Communiquer autrement :
le choix des mots

 
 
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N° 271, novembre - décembre 2003 : épuisé

 

Sans mauvaises intentions, il arrive que nos paroles blessent ou causent du tort à autrui. A l'image des relations humaines souvent vécues comme des rapports de pouvoir, nos mots - ou nos silences - jugent, condamnent, ordonnent ou accusent... comme si, finalement, il n'y avait d'alternative que soumettre ou être soumis. Et la domination ne passe pas seulement par le mépris ou l'injure, la séduction et le chantage peuvent aussi faire partie des outils de la manipulation.

Comment réduire l'écart entre ce que nous pensons exprimer et ce qui est réellement perçu ? Comment pratiquer des relations qui ne soient faites ni d'agression ni de domination, mais au contraire empreintes de respect et de bienveillance ? Plusieurs psychologues et thérapeutes, à la suite du psychosociologue américain Carl Rogers, se sont attachés à proposer des modèles de communication avec pour objectif de mieux vivre ensemble. Communication non-violente, analyse transactionnelle, communication relationnelle, empathie... toutes ces démarches mettent à l'index tant les opinions moralisantes, les demandes péremptoires que les manifestations émotionnelles non-maîtrisées. Si elles exigent l'acquisition de nouvelles compétences, elles sont cependant moins des techniques qu'une philosophie de vie fondée sur l'écoute de soi-même et de l'autre, dans le respect mutuel. Partant de l'expression des besoins de chacun, passant par l'explicitation de demandes précises, elles visent à favoriser la recherche de solutions respectueuses des deux parties.

Sous l'impulsion de psychopédagogues comme Paulo Freire, Thomas Gordon, Marshall Rosenberg, Jacques Salomé, et avec le relais de nombreux formateurs et formatrices en développement personnel et social, ces formes de communication sans violence sont expérimentées en de multiples endroits, que ce soit dans l'enseignement, les milieux hospitaliers, les administrations et institutions, les familles, les entreprises...

On peut certes s'interroger sur les limites de ces approches, sur la capacité de l'empathie à faire face aux problèmes internationaux, sur l'efficacité du langage du coeur dans les luttes sociales ou sur la communication non-violente avec un terroriste... On peut aussi dresser le lourd bilan traditionnel de domination/soumission et préférer cette autre communication : celle de l'honnêté et de l'authenticité, celle qui accueille la souffrance humaine - autant la sienne que celle de l'autre -, celle qui aux barrières préfère les ponts et que chacun de nous, quelque soit son âge, peut faire le choix d'apprendre aujourd'hui.

© Non-Violence Actualité
 
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