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Enseignement de l'histoire
et Culture de la paix.

 
 
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N° 274, mai - juin 2004 : 5 euros

 

L'enseignement de l'histoire donne aux élèves une vision du monde et une mémoire. C'est, du moins, son objectif. Pour comprendre le présent et envisager l'avenir, il est indispensable d'étudier le passé et d'en tirer les leçons. De plus, la connaissance du patrimoine permet de se construire une identité en s'appropriant une culture.

" Comprendre le monde contemporain et agir sur lui en personne libre et responsable, être présent et actif au sein de la cité, exigent la connaissance du monde dans sa diversité et son évolution "… La mission officielle définie dans l'Introduction aux programmes de l'école primaire est-elle remplie ?

Affirmer son identité, respecter les autres, faire preuve d'autonomie et de responsabilité…, tout cela reste théorique tant que l'enfant n'en a pas perçu lui-même les enjeux pour sa propre vie. L'école doit permettre à l'élève de faire l'expérience de la prise de responsabilité, de la participation aux décisions, de la construction de la règle commune ou encore de la gestion constructive des conflits. Il est urgent de compléter l'acquisition de connaissances par une acquisition de compétences sociales et psychosociales nécessaires pour vivre ensemble dans et hors l'école. Cela fait partie des objectifs de la Décennie 2001-2010 pour une culture de la non-violence et de la paix décrétée par l'ONU. Le 12 septembre 2000, son secrétaire général, Kofi Anan, en précisait les modalités d'action et soulignait la nécessité de " revoir le matériel pédagogique, notamment les manuels d'histoire, en vue de promouvoir la compréhension mutuelle, de renforcer la cohésion sociale et d'éliminer les préjugés et les stéréotypes à l'égard de certains groupes… ".

Le plan d'action sur dix ans proposé par les Nations Unies concerne en priorité les enfants qui sont souvent les premières victimes des violences, de l'intolérance, du racisme et de l'exploitation sexuelle. Le monde est invité à cette mobilisation. Changer de culture, promouvoir la paix et la non-violence demande l'investissement de chaque personne, à tous les niveaux : gouvernements, institutions, sociétés civiles… Utopie ? De nombreuses expériences éducatives montrent qu'il est possible de traduire les bonnes intentions universelles en objectifs pédagogiques. De surcroît, les performances scolaires s'en trouvent souvent améliorées.

Pour répondre à ce défi, la fonction sociale et le rôle culturel des contenus de l'enseignement scolaire ont besoin d'être redéfinis et adaptés à la société d'aujourd'hui. Il faut rompre avec l'idéologie de la violence sans pour autant céder à une approche dogmatique de la non-violence et de la paix. La violence existe, dans l'histoire comme dans le présent. Il s'agit de se demander ce que l'on peut faire pour la transformer. En favorisant l'éducation relationnelle, la gestion non-violente des conflits et l'apprentissage de la vie démocratique, l'école doit y contribuer.

Débarrassée de ses mythes et de ses stéréotypes, refondée sur un objectif civique et éthique, pourquoi l'histoire ne deviendrait-elle pas l'un des piliers d'une pédagogie de la paix ?

Contributions de : Suzanne Citron, Brigitte Liatard, Colette Crémieux, Laurence Alcedo, Hedwige Block, Maryse Michaud, le Mémorial de Caen

© Non-Violence Actualité
 
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