Rester sans réaction quand un enfant commet
une infraction à une règle peut avoir deux significations.
Ou bien c'est la reconnaissance de l'inutilité de cette règle.
Ou bien cela traduit la démission de l'adulte dans son rôle
de garant de la " loi ", que ce soit par peur de l'enfant,
peur du conflit ou par incapacité à s'assumer dans un
rôle jugé répressif.
Pour beaucoup, réagir c'est punir. Outre la
gifle ou la fessée administrée sous l'effet de la colère,
la punition reflète souvent une volonté de puissance,
de domination par rapport à l'enfant. Dans bon nombre de cas,
elle n'a aucun rapport avec la faute commise, elle est disproportionnée.
Dès lors, loin d'apparaître comme justifiée à
l'enfant ou au jeune, elle suscitera un sentiment d'injustice et fera
naître une envie de vengeance.
Comment réagir à la transgression efficacement
et sans violence ? Il est essentiel que l'enfant s'entende dire qu'il
a commis un acte répréhensible qui porte atteinte à
la classe, à son frère, au commerçant
La
sanction doit l'aider à comprendre la portée de ses
actes et à percevoir la nécessité de la règle
pour vivre ensemble. Elle doit lui offrir la possibilité d'une
réparation en rapport avec la faute commise.
La sanction, le rappel à la règle et
la réparation permettent de soulager la culpabilité
de l'enfant ou de l'adolescent. À défaut, cette culpabilité
peut devenir trop lourde à porter et l'enfant cherchera les
moyens de s'auto-punir (se priver de manger, avoir des mauvaises notes
à l'école
) ou de se faire punir ailleurs. Mais
là où la punition humilie et détruit, la sanction
porte en germe un nouveau départ. C'est un outil d'éducation
à la responsabilité, à la confiance en l'autre,
au respect. C'est une dimension essentielle de l'éducation
non-violente. Nombreux exemples concrets de sanctions à l'école,
dans la famille
Contributions de : Élisabeth Maheu, Jacques Salomé,
Eirick Prairat, Jean-Marie Petitclerc, Daniel Favre, Joseph Rossetto,
Marc Thomas, Anne-Catherine Bisot, Véronique Guérin, Bernadette
Costa-Prades, Carolle et Serge Vidal-Graf.