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VIOLENCES VERBALES : le poids des MOTS

 
 
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N° 279, mars - avril 2005 : épuisé

Les incivilités, les injures, les insultes qui fleurissent et défrayent la chronique dans les établissements scolaires - y compris en maternelles - ne sont qu'un prolongement de l'utilisation infantile des " gros " mots. Quand l'enfant ou l'ado se sent en difficulté, qu'il manque de repères, il est tenté de revenir au jeu relationnel de sa prime enfance. L'adulte n'est d'ailleurs pas à l'abri de cette régression, il suffit de l'observer, par exemple, au volant de sa voiture.


Être capable de canaliser et transformer ses pulsions agressives marque le passage vers l'âge adulte. Les structures d'éducation populaire et autres associations de jeunesse d'autrefois pouvaient aider à cette évolution. Les lieux de socialisation étant moins nombreux et la famille parfois défaillante, il arrive que l'école soit le premier endroit où l'enfant est confronté à l'autre, aux autres. Il peut être tenté par le repli sur soi ou sur la bande de copains, le quartier, la communauté…


Chaque groupe social crée son langage, invente ses propres mots et dispose de " noms d'oiseaux " plus ou moins féroces. De ce point de vue, les cités comme les cours de récréation sont de hauts lieux de " créativité ". À la différence du juron qui est de l'ordre de l'exclamation solitaire, l'insulte et l'injure s'adressent à une personne ou à un groupe. Elles visent à rabaisser, à humilier, à dominer. Au-delà de la formulation, l'insulte n'existe que si la cible de l'attaque se sent blessée. Une insulte peut agir comme un poison et créer une blessure intérieure qui peut être réactivée à la moindre occasion. L'usage de mots violents est aussi pratiqué comme mode de relation, faute d'autre vocabulaire pour exprimer ses sentiments et ses émotions.


Il est vrai que l'insulte évite parfois le passage à l'acte. Cependant, il est important de ne pas laisser insultes et injures sans réaction car la violence physique n'est jamais loin de la violence verbale. Les réponses sont de plusieurs ordres. À côté de la loi qui punit outrages et diffamation, le recours à la médiation permet l'expression des ressentis et des souffrances. Le travail sur les mots et la parole est également nécessaire pour une améliorer la communication. Enfin, le travail sur le conflit et ses modes de gestion montre qu'il est possible d'exprimer un désaccord, de se situer en opposition, sans pour autant céder à la violence physique ou verbale.

© Non-Violence Actualité
 
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