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SAVOIRS... mieux vivre ensemble

 
 
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N° 280, mars - avril 2005 : épuisé

Les débats autour du projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école ont montré, s'il en était besoin, combien la question des savoirs et de leur transmission était un sujet sensible pour chacune et chacun d'entre nous. Au-delà du souvenir plus ou moins heureux de notre parcours scolaire, nous savons combien apprendre ou transmettre des connaissances peut générer de tensions, d'envies ou de blocages.

Les savoirs ne sont généralement pas des produits inertes, figés une fois pour toutes. Ils font partie de l'histoire non seulement de leurs auteurs, mais aussi de leurs utilisateurs, tissant des liens entre les individus, entre les cultures, entre les époques. La rencontre des savoirs permet la construction de nouveaux savoirs (une « intelligence collective »), dans un processus complexe qui met en jeu la dynamique relationnelle dans toutes ses dimensions et notamment psychologique, sociologique et affective.

Transmettre des savoirs interroge à la fois le contenu (le sens), les méthodes d'enseignement et d'évaluation (la pédagogie) ainsi que les modes d'appropriation par les apprenants (les mécanismes d'acquisition des connaissances). Disciplines, pédagogie et processus cognitifs définissent donc notre rapport au savoir et, d'une manière générale, notre rapport à la culture. Cette prise de conscience nous éclaire sur nous-mêmes et sur notre rapport aux autres. Elle est indispensable pour tenter d'améliorer nos fonctionnements individuels et collectifs (1).

Différents savoirs caractérisent l'identité de chaque personne. Alors que le savoir peut être défini comme l'ensemble des connaissances acquises, notamment par le biais des études, le savoir-faire est lié à l'expérience et aux compétences pratiques. Complémentaire, le savoir-être fait référence à un ensemble « d'habiletés » dans les domaines du comportement, de la communication, de la gestion de la relation et des conflits.

À l'école comme dans toute situation d'apprentissage, plusieurs facteurs déterminent les conditions d'une bonne transmission : un climat de confiance, une pédagogie qui allie individualisation et coopération, un projet qui vise à l'épanouissement de tous. La manière de transmettre les savoirs est déterminante. De nombreuses expériences montrent qu'il est possible de mieux apprendre tout en apprenant à mieux vivre ensemble… Pourquoi, dès lors, autant hésiter à ouvrir l'école à la pratique de la citoyenneté et de la démocratie ?

(1) L'Académie de Strasbourg a fait de la transmission des savoirs et des valeurs de l'école l'un de ses objectifs prioritaires. Elle a défini parmi ses « chantiers » : « celui de l'éducation à la non-violence et de la prévention contre la violence ».

Avec des contributions de Claire Héber-Suffrin, Eirick Prairat, Rémi Casanova, François Le Ménahèze, Caroline Chavelli, Catherine Rouhier, Brigitte Liatard, Pierrick Descottes, Marguerite Bachy, Sophie Lefaure. Et la chronique de Jean-Luc Mermet, Reliance Grenoble.

© Non-Violence Actualité

 
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