L'OMS, Organisation mondiale de la santé, définit la violence (1) comme « l'usage délibéré ou la menace d'usage délibéré de la force physique ou de la puissance contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté et qui entraîne ou risque fort d'entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal-développement ou une carence ». La violence - qu'elle soit individuelle, sociale, politique, institutionnelle… - a des effets sur la santé (2) et il convient non seulement de les analyser, mais aussi d'y remédier en construisant les conditions pour mieux vivre ensemble, dans le respect de soi-même et des autres.
Composante de l'éducation générale, « l'Éducation pour la santé » ne dissocie pas les dimensions biologique, psychologique, sociale et culturelle de la santé. Son but : que chaque citoyen acquière tout au long de sa vie les compétences et les moyens qui lui permettront de promouvoir sa santé et sa qualité de vie ainsi que celles de la collectivité. C'est donc une mission de service public qui concerne à la fois le système de santé et le système éducatif. L'enrichissement des compétences psychosociales telles que la négociation, la résolution de conflits, la pensée créatrice, la capacité à prendre des décisions, à faire face aux événements, les relations interpersonnelles et la communication sont des éléments importants de l'efficacité des programmes de santé publique. Les recherches conduisent aux mêmes conclusions pour ce qui concerne la prévention des violences.
Les phénomènes de violence résultent souvent d'une absence de parole ; la personne pense ne pas avoir d'autre moyen pour exprimer son existence et sa personnalité. C'est pourquoi, dès les années quatre-vingt aux Etats-Unis et au Canada, ont été développés des programmes pour renforcer les outils de socialisation. Comme le note le Haut Comité de la santé publique (3) : «L'apprentissage de la confiance en soi dès la petite enfance et du respect de l'autre dans des relations de non-violence sont le fondement d'une réduction des violences les plus courantes. (…) Sans culture, l'être humain ne voit en l'autre qu'un étranger, un ennemi qu'il faut dominer et contre lequel il faut se défendre. Si, comme nous l'avons montré, la violence est un problème de santé publique, la non-violence est une affaire de civilisation et de citoyenneté. »
Un « Plan Violence et Santé » doit définir prochainement les nouvelles orientations de la politique de santé publique en France. Dans ses recommandations, le rapport préparatoire (4) préconise d'inscrire dans la formation initiale et continue des enseignants, et de façon obligatoire, une réflexion sur les facteurs favorisant la violence et sur les principes de résolution des situations conflictuelles. L'auteur souligne qu'il est « indispensable de susciter des programmes associant le développement des compétences psychosociales des élèves, notamment la gestion des conflits, l'implication des parents et la réflexion des enseignants sur leurs pratiques éducatives »…
Les premières expériences sont concluantes (5), les textes d'orientation sont clairs, ne manque que la mise en œuvre à grande échelle…
Un joli vœu pour cette nouvelle année !
(1) Rapport mondial sur la violence et la santé, OMS, Genève 2002.
(2) « La santé publique face à la violence », NVA n° 269, juillet-août 2003.
(3) « Violences et Santé », rapport du Haut Comité de la Santé Publique (HCSP), 2004, p. 126.
(4) Travaux préparatoires à l'élaboration du « Plan Violence et Santé », en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004, Docteur François Baudier, mars 2005.
(5) Permettez-nous cette suggestion de cadeau : « Pratiques d'éducation non-violente. Nouveaux apprentissages pour mettre hors-jeu la violence », Rédaction de Non-Violence Actualité. Editions Charles Léopold Mayer/NVA, 2004.
Ce livre contient 50 fiches d'expériences pédagogiques sur l'éducation à la paix et à la non-violence. (Diffusion NVA : 18 euros port compris).
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