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La Décennie de la paix
à mi-parcours

De la culture de non-violence et de paix
à la gestion quotidienne des relations

 
 
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Sommaire détaillé
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Ressources présentées
 

N° 285, Mars - Avril 2006 : 5 euros

 

Le 20 novembre 1997, l'Assemblée Générale des Nations Unies faisait de l'an 2000 l'Année internationale de la paix. Un an plus tard, répondant à l'appel des prix Nobel de la paix, cette même instance votait à l'unanimité la résolution proclamant la période 2001-2010 « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde ». Par cette déclaration, l'ONU encourageait les peuples de la planète et leurs représentants à, notamment, « promouvoir, à tous les niveaux, un enseignement scolaire et non-scolaire qui favorise une culture de la non-violence et de la paix ».

Créée en 2000 par un collectif d'associations se référant à la non-violence, la Coordination française pour la Décennie a élaboré et présenté, fin 2005 à Paris, un « Programme pour l'éducation à la non-violence et à la paix » destiné à faire entrer l'éducation non-violente dans le système éducatif français.

La vision historique de la non-violence l'assimile à une stratégie de lutte visant à concilier exigences morales et réalisme politique. En effet, les méthodes d'action permettant de régler les conflits autrement que par la violence ont été mises au point dans les luttes sociales et de résistance à l'oppression. Mais, depuis une vingtaine d'années, le concept de non-violence a évolué vers la prise en compte de l'individu dans sa vie de tous les jours : à la maison, dans le quartier, au travail… La personne - en tant qu'individu et citoyen - considérée dans sa relation à elle-même, à l'autre et à son environnement, est elle aussi invitée à gérer ses relations et ses conflits par les modes démocratiques du dialogue, de la négociation, de la médiation.

La capacité à adopter une pratique non-violente nécessite de s'y préparer, de s'y former, et ce dès le plus jeune âge. À travers la diffusion de ressources pédagogiques et les récits d'expériences que nous avons publiés depuis de nombreuses années, Non-Violence Actualité a contribué au développement d'un réseau dans lequel se sont progressivement dessinés les contours d'une éducation à la non-violence (1). L'apprentissage de la non-violence à l'école est un moyen de prévention des violences. C'est aussi la garantie de renforcer les compétences de l'individu et du citoyen à entreprendre les changements personnels et sociaux nécessaires.

Favoriser l'expression individuelle et collective des opinions, ouvrir à la citoyenneté, éduquer au respect des différences, à la richesse des cultures, à l'égalité des sexes… constituent des éléments importants d'une éducation à la paix. L'approche non-violente y ajoute les dimensions essentielles du rejet de la violence et de l'éducation au conflit (2), déterminantes pour apprendre à mieux vivre ensemble, aussi bien en situation d'injustice criante que dans les multiples confrontations de la vie quotidienne.

(1) De « Pour une éducation non-violente » (NVA 1988) à « Pratiques d'éducation non-violente » (Ed. CL Mayer/NVA 2004) en passant par « La médiation » (NVA 1993).
(2) « Pour une autre culture du conflit », in « Conflit, mettre hors-jeu la violence » pp. 125-129, Rédaction de Non-Violence Actualité, Ed. Chronique Sociale, 4ème édition, septembre 2004.


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