L'idée de l'égalité entre les sexes est récente dans l'histoire des sociétés. Ce n'est qu'à partir des années soixante-dix, sous l'impulsion des mouvements féministes, que les femmes ont pu devenir membres à part entière de la société et actrices de leur propre vie. La seconde moitié du XXe siècle a en effet été porteuse, dans l'ensemble des pays développés et tout particulièrement en France, de transformations majeures pour les femmes : liberté de l'avortement et de la contraception, droit de vote et parité, croissance spectaculaire de la scolarité et de l'activité professionnelle.
Les mutations sociales, économiques, culturelles, juridiques ne peuvent cependant masquer la persistance de certaines discriminations sexuées ou l'apparition de nouvelles inégalités. La domination masculine n'a pas disparu. Dans le domaine des salaires ou des responsabilités professionnelles, des mandats électifs ou des charges parentales, de la visibilité dans la création ou de la liberté sexuelle, le masculin l'emporte encore sur le féminin.
L'ouverture à la mixité a constitué un progrès par rapport à la situation antérieure de ségrégation des sexes qui organisait la situation de dépendance de la femme. Si elle a commencé à transformer le rapport de forces entre les sexes, la mixité n'a pas induit spontanément l'égalité. L'égalité entre les êtres humains, quel que soit leur sexe, est un combat qui passe par la loi, par des changements sociaux et par l'éducation. Le principe d'égalité a certes été inscrit dans la Constitution en 1946, mais rien ne changera sans une véritable politique de lutte contre les discriminations sexuées.
La socialisation est encore très stéréotypée. Aussi bien les pratiques d'éducation parentale que celles de l'éducation scolaire contribuent à instituer des personnalités marquées par l'inégalité entre les sexes. L'éducation féminine est fondée sur la relation aux autres, le soutien aux plus faibles, la soumission, le compromis et la négociation. L'éducation masculine, au contraire, est fondée sur un égocentrisme affectif et psychologique. Le chemin vers l'égalité passe par une remise en cause du modèle dominant de la division sexuelle du travail qui maintient la dépendance féminine en assignant prioritairement aux femmes le travail éducatif et domestique et accessoirement le travail professionnel. C'est un combat essentiel vers une société non-violente, pour les femmes comme pour les hommes.
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