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La médiation,
vers une citoyenneté non-violente

 
 
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N° 293, Juillet-Août 2007 : 5 euros

Entendons-nous bien, nous ne rêvons pas d’une société où, faute de compétences sociales suffisantes, nous devrions sous-traiter la gestion de nos relations auprès de spécialistes en communication relationnelle. Toute personne est normalement appelée à construire et à vivre elle-même des relations harmonieuses, en toute autonomie et responsabilité. Mais il faut bien reconnaître qu’au-delà des avancées technologiques sans fin, la communication reste un exercice difficile. Comment se faire entendre ? Que veut réellement l’autre ? Ne suis-je pas l’objet de manipulation ?… Chacun a mille exemples où une mauvaise communication entraîne souffrances et déchirements.

Il y a quarante ans déjà, le psychologue Carl Rogers affirmait : « Les jeunes abordent l'âge adulte sans avoir la moindre notion de ce que peuvent être les interactions humaines et personnelles ; sans la moindre expérience d'une communication interpersonnelle véritablement partagée. J'ai souvent l'impression que notre système d'éducation vise avant tout à préparer les individus à vivre isolés dans des cages. » (1)

Le besoin de médiation a grandi dans l’univers de plus en plus complexe de nos sociétés atomisées. Par sa posture de « tiers neutre et indépendant, sans autre pouvoir que l’autorité que lui reconnaissent les partenaires qui l’auront choisi ou librement reconnu » (2), le médiateur met sa compétence au service de la construction et de la gestion de la vie sociale. Le respect et l’empathie dont il fait preuve renforcent la confiance en soi, libére les énergies créatrices et remet en capacité de nouer du lien ou de prendre en main la gestion de ses conflits.

Le médiateur est un accoucheur. Il veille en permanence à une bonne communication, sachant recréer du mouvement et de la compréhension réciproque, là où il n’y avait plus qu’ignorance et mépris. Ce tiers est devenu désormais une composante incontournable des multiples dispositifs de consultation et de concertation dont notre société se dote. En France, comme dans les autres pays européens, la médiation apparaît comme un possible renouveau de l’engagement citoyen et l’un des piliers d’une révolution démocratique.

(1) Carl Rogers, Réinventer le couple, Robert Laffont 1974.
(2) Michèle Guillaume-Hofnung, La Médiation, Que sais-je ? PUF 2007.

© Non-Violence Actualité

 
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