Yolande Maury et Vincent Liquète sont maîtres de conférences en sciences de l’information et de la communication, respectivement à L’IUFM de Lille et à celui de Bordeaux. Ils sont auteurs du livre « Le travail autonome - Comment aider les élèves à l’acquisition de l’autonomie » (Armand Colin, 2007).
- Non-violence Actualité :
Quelle définition donnez-vous de l’autonomie ?
- Yolande Maury
et Vincent Liquète : Si l'on se réfère à l'étymologie du mot, l'autonomie (du grec autonomia) est la capacité à se déterminer par soi-même (autos), en conformité avec sa propre loi (nomos), elle correspond à une tentative de se servir de ses propres capacités pour agir sans être guidé par un autre. Au niveau philosophique, l'autonomie peut se comprendre comme une liberté intérieure, la reconnaissance de l'altérité est alors la condition nécessaire de son développement.
Dans le domaine éducatif, elle est à la fois une finalité éducative (développement d’une personne autonome et responsable) et un moyen de développement personnel (capacité à se déterminer par soi-même).
- Non-violence Actualité : Quelles sont les incidences de l’autonomie, ou de son absence, sur le comportement de la personne ?
- Yolande Maury
et Vincent Liquète : Une personne autonome est capable de se servir de ses propres capacités pour agir sans être guidée par un autre, elle est capable de se déterminer par elle-même, de faire preuve de distance morale, émotive, et intellectuelle. Au niveau comportemental, elle sait prendre des initiatives et des responsabilités dans la vie (l'attitude contraire étant la dépendance, à autrui et au contexte), elle est capable de s'engager, de faire des choix, de faire preuve de créativité. Son comportement est un comportement de curiosité, de questionnement, à la fois fonctionnel, social, cognitif. Sachant se situer, par rapport à elle-même et aux autres, elle adopte une attitude ouverte, travaillant volontiers en collaboration avec des pairs.
- Non-violence Actualité : Et socialement, quelles sont les incidences de l’autonomie ?
- Yolande Maury
et Vincent Liquète : L'autonomie ne saurait être considérée hors de sa dimension sociale, la construction du sujet intervenant en lien constant avec les autres, dans l'interaction et l'échange. Elle est la condition de la socialisation, parfois considérée comme le passage de l'être biologique à l'être social, dans un double processus d'acculturation et de personnalisation : acculturation par inscription dans un cadre qui sert de référence et pose des limites, et personnalisation par intégration et appropriation d'éléments divers, triés et unifiés. Si l'identification joue un rôle important dans ce processus pour le tout jeune enfant, les collégiens et les lycéens en revanche adoptent une approche plus critique de cette acculturation, par confrontation à leur projet personnel. Entre en jeu la différenciation entre soi et autrui, une autre différence qu'il convient de prendre en compte et de respecter dans son individualité, ce qui est la condition de rapports sociaux authentiques.
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Suite à lire dans NVA n° 299, Juillet-Août 2008
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